Les
Poings contre les murs (2014)
(Starred Up)
David
MacKenzie
Résumé
: Eric est un jeune délinquant violent prématurément jeté dans le monde
sinistre d’une prison pour adultes. Alors qu’il lutte pour s’affirmer face aux
surveillants et aux autres détenus, il doit également se mesurer à son propre
père, Nev, un homme qui a passé la majeure partie de sa vie derrière les
barreaux. Eric, avec d’autres prisonniers, apprend à vaincre sa rage et
découvre de nouvelles règles de survie, mais certaines forces sont à l’œuvre et
menacent de le détruire…
Encore
une fois, le cinéaste écossais montre qu’il sait jouer avec les codes d’un
genre-le film de prison- en réussissant l’épreuve de passage avec une réel
brio. Sur un sujet déjà-vu, David Mackenzie nous livre un film choc, dur par
moments, où presque rien de ce qui se passe en prison nous est épargné. On le
sait, le film de prison a ses règles tout comme le monde carcéral a ses lois.
Le caïd qui règne en maître, fait ses petites affaires etc.. Rapports de force,
domination, homosexualité, règlements de compte. Les matons, comme il se doit,
sont des pourris, les chefs principalement prêts à déguiser un assassinat en
suicide par pendaison sans la moindre hésitation. Le réalisateur connaît ses
classiques mais l’intelligence du scénario est qu’on ne sent aucune pesanteur,
aucune obligation de la scène à faire. Le film avance fluide et tendu, en
suivant avec une certaine distance, la trajectoire du héros qui n’est pas
spécialement sympathique mais qui a ses raisons.
On
ne sait jamais vraiment ce qu’il va se passer. Certaines scènes d’ailleurs, au
début du film, surprennent et sont du jamais vu. L’intrusion du jeune Eric,
« surclassé », au comportement ultra-violent et surtout imprévisible,
dérègle la belle machine carcérale, ainsi que tout scénario convenu, jusqu’à épuiser les meilleures volontés,
quelles soient celles de la Direction ou du jeune éducateur bénévole.
L’attrait
principal du film est cet affrontement oedipien, cette relation complexe
amour-haine entre un père et un fils au sein d’une prison, un angle original
rarement montré, où comment deux êtres doivent retisser un lien sans savoir
comment s’y prendre. Un angle casse-gueule sur le papier mais dont le
réalisateur et son scénariste se sortent fort bien en rendant complètement
crédible cette relation tordue et tortueuse, où les insultes et les coups
servent de dialogue entre les deux personnages.
Le
film tire sa puissance du cadre réaliste, il a été tourné dans une prison de
Belfast, et de son interprétation, en particulier du héros principal, incarné
par l’acteur Jack O’Donnell, dont le charisme survolté, la rage intérieure vous
scotche dés les premières images. Après une séquence finale intense, éprouvante
et époustouflante, le film se termine sur une scène poignante qui apporte une
note d’espoir dans cet univers impitoyable.
David MacKenzie réussit là, encore une fois, un film captivant du début à la fin.
David MacKenzie réussit là, encore une fois, un film captivant du début à la fin.




