La Fille de Ryan (1970)
David Lean
Après la découverte du
coffret de cinq films de David Lean paru chez Carlotta « les premiers
chefs-d’œuvre », j’avais très envie de poursuivre l’exploration de la
carrière du cinéaste anglais. Je n’avais pourtant guère apprécié le Docteur
Jivago et ne suis jamais allé au bout de Lawrence d’Arabie, à qui je
dois une seconde chance. Après avoir revu Le Pont de la rivière Kwai,
pas bouleversant mais solide, il me fallait aborder La Fille de Ryan, ressorti
au cinéma, et qui me tentait comme une promesse de beauté.
Sa vision m’a totalement
subjugué et confirmé pour moi l’immense talent d’un metteur en scène sous
estimé (j’avais oublié le remarquable Le Mur du Son ), visuellement
inspiré et au sommet de son art. Les images de la cote irlandaise, ses
falaises, sa mer agitée, ses vastes campagnes sont d’une beauté inoubliable et
les scènes époustouflantes sur la plage confinent presque à l’abstraction dans
le sens où les personnages sont très souvent filmés au cœur d’une nature gigantesque
qui les avale presque et les rend minuscules. Ces scène de plage entre Sarah
Miles dans sa robe jaune, et l’officier (Christopher Jones) sont d’une beauté
confinant à l’onirisme et vous marquent à jamais. On se croirait dans un
tableau de Turner. D’autres scènes d’anthologie marquent ce film somptueux qui parvient à
la fusion des passions et des éléments, du romantisme et de l’épique dans une
symbiose parfaite. Visuellement sublime, La Fille De Ryan est un chef
d’œuvre absolu et David Lean un extraordinaire metteur en scène.



