samedi 13 août 2016

La Fille de Ryan, David Lean






La Fille de Ryan (1970)
David Lean

Après la découverte du coffret de cinq films de David Lean paru chez Carlotta « les premiers chefs-d’œuvre », j’avais très envie de poursuivre l’exploration de la carrière du cinéaste anglais. Je n’avais pourtant guère apprécié le Docteur Jivago et ne suis jamais allé au bout de Lawrence d’Arabie, à qui je dois une seconde chance. Après avoir revu Le Pont de la rivière Kwai, pas bouleversant mais solide, il me fallait aborder La Fille de Ryan, ressorti au cinéma, et qui me tentait comme une promesse de beauté.
Sa vision m’a totalement subjugué et confirmé pour moi l’immense talent d’un metteur en scène sous estimé (j’avais oublié le remarquable Le Mur du Son ), visuellement inspiré et au sommet de son art. Les images de la cote irlandaise, ses falaises, sa mer agitée, ses vastes campagnes sont d’une beauté inoubliable et les scènes époustouflantes sur la plage confinent presque à l’abstraction dans le sens où les personnages sont très souvent filmés au cœur d’une nature gigantesque qui les avale presque et les rend minuscules. Ces scène de plage entre Sarah Miles dans sa robe jaune, et l’officier (Christopher Jones) sont d’une beauté confinant à l’onirisme et vous marquent à jamais. On se croirait dans un tableau de Turner. D’autres scènes d’anthologie marquent ce film somptueux qui parvient à la fusion des passions et des éléments, du romantisme et de l’épique dans une symbiose parfaite. Visuellement sublime, La Fille De Ryan est un chef d’œuvre absolu et David Lean un extraordinaire metteur en scène.