samedi 6 août 2016

La Dame sans Camélias (1953)


 

La Dame sans Camélias (1953)
Michelangelo Antonioni

Le sujet a été tourné cent fois mais ici Cinecitta remplace Hollywood. Une jeune starlette  Clara Manni (Lucia Bose, sublime) qui connaît le succès dans des films légers et commerciaux, épouse un producteur Gianni qu’elle n’aime pas mais qui se ruine pour elle en lui faisant jouer le rôle de Jeanne d'Arc. Elle le quitte pour un  séduisant diplomate et se met à travailler pour devenir une actrice sérieuse. Mais son amant l’abandonne, elle n’est pour lui qu’une passade.
Gianni qui entreprend alors un nouveau film ambitieux refuse d'engager Clara, celle-ci se retrouve à son point de départ : elle accepte de jouer un rôle déshabillé dans une production idiote.
La mise en scène d’Antonioni, qui demeure encore parfois conventionnelle, commence toutefois à se libérer, à s’épanouir dans de beaux plans-séquences et des cadrages travaillés où l’héroïne est parfois prise au piège derrière des grilles imaginaires, telles des fenêtres, des barreaux. des marches d’escalier. Parfois, l’actrice est cadrée au premier plan, tournée vers la caméra, anticipant les futurs plans fascinants de Monica Vitti dans les films ultérieurs.
La dernière séquence à Cinecitta où Clara erre de studio en studio, anéantie par le refus de Gianni de la faire jouer dans son dernier film est bouleversante.
Note : *** Bon



jeudi 4 août 2016

La Cité des Dangers (1975)


La Cité des Dangers (Hustle), 1975
 Robert Aldrich
Lui, est un flic désabusé (Burt Reynolds), elle est pute et rêve d’aller à Rome (Catherine Deneuve). Autour de ce couple improbable, Aldrich tisse un polar urbain mélancolique, crépusculaire qui mérite mieux que sa réputation même si le film n’est pas parfait. Le rythme est lent, bavard, la romance trop présente au dépends d’une enquête policière dont tout le monde se contrefout, les flics les premiers. Sauf le père de la victime mais qui ne compte pas, puisque c’est un « nobody ». En toile de fond, Aldrich nous montre un monde pourri où règnent la corruption et le crime, la violence urbaine, la dépravation des élites (les avocats) la perte des valeurs morales, les traumatismes de la guerre. En première ligne, deux personnages à contre-courant qui essaient de croire que l’amour est plus fort que tout. Entouré de son chef op. habituel Joseph Biroc, et de ses acteurs fétiches (Eddie Albert, Ernst Borgnine), Aldrich signe un polar très noir qui mérite d'être vu et revu à la hausse. Note : *** Bon