La Dame sans Camélias (1953)
Michelangelo Antonioni
Le sujet a été tourné cent fois mais ici Cinecitta remplace Hollywood. Une jeune starlette Clara Manni (Lucia Bose, sublime) qui connaît le succès dans des films légers et commerciaux, épouse un producteur Gianni qu’elle n’aime pas mais qui se ruine pour elle en lui faisant jouer le rôle de Jeanne d'Arc. Elle le quitte pour un séduisant diplomate et se met à travailler pour devenir une actrice sérieuse. Mais son amant l’abandonne, elle n’est pour lui qu’une passade.
Gianni qui entreprend alors un nouveau film ambitieux
refuse d'engager Clara, celle-ci se retrouve à son point de départ : elle
accepte de jouer un rôle déshabillé dans une production idiote.
La mise en scène d’Antonioni, qui demeure encore parfois
conventionnelle, commence toutefois à se libérer, à s’épanouir dans de beaux
plans-séquences et des cadrages travaillés où l’héroïne est parfois prise au
piège derrière des grilles imaginaires, telles des fenêtres, des barreaux. des
marches d’escalier. Parfois, l’actrice est cadrée au premier plan, tournée vers
la caméra, anticipant les futurs plans fascinants de Monica Vitti dans les
films ultérieurs.
La dernière séquence à Cinecitta où Clara erre de studio
en studio, anéantie par le refus de Gianni de la faire jouer dans son dernier
film est bouleversante.
Note :
*** Bon



